L’histoire de Béziers

A l’âge du fer, Béziers est un oppidum c’est-à-dire un bourg fortifié dont la fonction commerciale est capitale. Béziers posséda plusieurs orthographes: Betarratis, Blitera, Baitirai, Beteris, Beders, Bezers et enfin Béziers. Au Ve et IVe siècle, la cité est florissante et les richesses abondent. Les romains arrivent en 121 av. JC dans un espace relativement prospère. La romanisation est rapide et le processus d’assimilation culturel est profond. Tout en gardant son visage et son caractère, Béziers se dote des édifices symboliques de l’identité romaine comme l’amphithéâtre et adopte le maillage urbain. Le christianisme s’installa vers 250, la légende raconte qu’ Aphrodise est venu d’Orient sur son chameau apporter l’Évangile. Notre ville vécut sous la domination des Wisigoths, des Arabes et est incorporée à l’État franc en 759. Elle se retrouve peu à peu sous la domination des vicomtes de Trencavel.

Durant le Moyen-Age, Béziers fut tolérante : le controversé Ordre du Temple s’installa en 1143 et la population a entretenu de bons rapports avec ses membres. La ville fit aussi le choix de protéger des minorités persécutées, comme les cathares. Elle fut par conséquent saccagée pendant la croisade des Albigeois proclamée par l’Église catholique contre l’hérésie. L’année 1209 fut marquée par son siège et le -gran mazel- le 22 juillet : 20 000 croisés attaquent Béziers qui refusait de livrer les 200 hérétiques qui se trouvaient dans ses murs. L’assaut est inattendu, les massacres et les pillages perpétrés n’épargnent pas les églises, notamment l’église Sainte-Madeleine. Pendant les Guerres de Religion, les habitants sont fidèles au catholicisme et ne cédèrent pas aux excès de la Ligue ni des Réformés.

Pierre Paul Riquet
Pierre Paul Riquet

L’ Ancien Régime est marqué par un esprit inventif et de l’audace. Le célèbre Pierre-Paul Riquet est né en 1609 à Béziers et est mort en 1680 à Toulouse. Il fit fortune en tant que fermier des Gabelles du Languedoc et supervisa les travaux du Canal de 1666 à 1681. Béziers est traversée par un important dynamisme culturel : l’académie fut créée en 1723 et la première loge maçonnique en 1777. Les idées des Lumières pénétrèrent aussi le Biterrois et en 1789 à l’église des Pénitents Bleus, les trois Ordres rédigent les cahiers de doléances où la population réclame un Etat Constitutionnel et l’Egalité devant les impôts. Le Biterrois Jean Henri Nicolas Bouillet (1729 – 1790) participa à l’élaboration de l’Encyclopédie de Diderot. Pendant la Terreur, les lieux de culte furent réquisitionnés : l’église de la Madeleine est transformée en grenier à grains puis en dépôt de chaussures, l’église Saint Aphrodise est vendue à un particulier, la Cathédrale Saint-Nazaire est devenue le Temple de la Raison, l’église Saint Félix une boucherie…

Le XIXème siècle est celui de la prospérité. Le nombre de Biterrois quadruple en moins d’un siècle : environ 15 000 en 1816 et 50 000 en 1901. La ville offre du travail et attire de nouveaux habitants. Béziers se déploie, se fend d’amples boulevards et les commerces se parent de fastueuses devantures qui matérialisent la réussite générale que connaît la ville. A la fin du XIXème siècle, les femmes portent une coiffe brodée : le coufet. La complexité des broderies et la taille du coufet reflètent la classe sociale et sont aussi une vitrine de la fortune personnelle. La ville est rythmée par les fêtes (fête de Saint Aphrodise) et les compétitions sportives. De plus, des mécènes financent de nouvelles arènes en 1895 où se déroulent des spectacles taurins, des représentations lyriques…

A partir de mai 1830 la démolition des remparts de la ville commence, cette entreprise durera 46 ans. La physionomie de Béziers évolue. Les Allées Paul Riquet deviennent un lieu de distraction et de réjouissance. On y trouve des restaurants et des terrasses, mais c’est avant tout un lieu de promenade… Au fil du siècle, les Allées prennent forme : la statue Paul Riquet date de 1838, le théâtre de 1844 et le Jardin des Poètes est inauguré en 1867. L’aménagement du jardin par Bühler dura trois ans et coûta 156 000 francs. Béziers est en ébullition et se modernise : le tramway arrive le 26 juillet 1879.

Au début du XXème siècle, l’Hérault reste un bastion de la production viticole française et Béziers est la -capitale du vin-. Dans ce contexte, les Biterrois s’enrichissent rapidement et des grandes fortunes se forment. Mais les problèmes s’accumulent : les vignerons dénoncent l’importation, la concurrence déloyale, les fraudeurs, les vins trafiqués… Le 12 mai 1907, un rassemblement eut lieu à Béziers pour défendre la viticulture locale. 150 000 manifestants défilèrent sur les Allées Paul Riquet, donc Marcellin Albert.

Béziers vit avec son temps, le 5 décembre 1914 elle se dota de l’électricité mais il fallut attendre 1917 pour que la ville entière en profite. Pendant la Première Guerre Mondiale, Béziers est  choisie comme lieu d’hospitalisation et abrita des milliers de blessés. Plusieurs établissements furent réquisitionnés : le collège Henri IV, l’école Sévigné, le collège de la Trinité, le couvent des Franciscains… Les années 1930 furent difficiles car Béziers subit une crise viticole, l’essoufflement de ses industries classiques et sa natalité ralentit. La Deuxième Guerre Mondiale accentua la pénurie. Pendant les années 1950  il se manifeste un grand mécontentement. Les entreprises cessent leurs activités, le Biterrois est meurtri. Mais notre ville garde son esprit festif et inaugure la Féria les 13, 14 et 15 août 1968. Un spectacle de variété avec Pierre Perret, deux novilladas et la troupe comico-taurine « El gallo » étaient au programme.

Aujourd’hui, la ville retrouve peu à peu un dynamisme et répond au service de sa population en offrant un cycle éducatif de qualité, une vraie mise en valeur de son patrimoine, et un esprit visionnaire.

Tous à l'Unisson pour Béziers